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samedi 17 février 2018

Mind the Gap: How France and Germany Can Spearhead Joint Foreign Policy Initiatives Now

Mind the Gap: How France and Germany Can Spearhead Joint Foreign Policy Initiatives Now  

(extraits du dossier dirigé par Claire Demesmay, DGAP, Berlin) : lire ici

Edited by Claire Demesmay 

In light of the current instability on Europe’s borders and uncertainties about the international role of the US under the administration of President Donald Trump, it is high time for Franco-German foreign policy initiatives. With a possible new German government in sight, a window of opportunity opens for new joint action by the two countries at the core of the EU. At the same time, differences between France and Germany, both on policy issues and in terms of their strategic cultures, could impede any such cooperation. This study shows how Paris and Berlin can bridge – and exploit – these gaps to facilitate joint initiatives, even in the short term, on four key topics: Russia, transatlantic relations, Syria and Turkey.

Syria: Associating German with French Initiatives

Frédéric Charillon & Andreas Rinke  

The conflict in Syria currently stands at the center of much of the international debate because it triggered a destabilization of the entire Middle East region – with the military involvement of a large number of foreign countries. The armed conflict also sent huge numbers of refugees to neighboring countries and Europe. As a result, Syria swiftly climbed to the top of the diplomatic agenda
for Germany and France. Despite the shared urgency, however, both countries have very different views on the conflict: This is due partly to historical reasons, and partly to the fact that France and Germany play different roles in world politics and hold different views on the use of military power. Nonetheless, the time for joint initiatives is now better than ever before – frstly, because  both countries share common interests in the Middle East, and secondly, because the election of French President Macron might help fnd a common stance. A common French-German strategy for Syria, and for the wider Middle East, is both possible and necessary, and the EU offers the best framework in pursuing this. Paris made it clear that it wanted to promote new initiatives. Associating Germany with them would be indispensable.

France and Germany: Different Approaches Toward Syria
Germany and France diverge widely in their approaches toward Syria for at least three reasons. These relate to the two countries’ different historical involvement in the region, to their divergent attitudes on the use of military force, and lastly, on the context of current terrorist attacks.

The historical factors at play in the issue date back to colonial times: Unlike Germany, which does not have any colonial background in the Middle East, France used to exert tutelary power in both Lebanon and Syria and has kept strong links with the Levant ever since. Paris’ political clout in Lebanon somewhat decreased when frst, the Syrian, and then the Iranian grip on the country intensifed after the Civil War (1975-1989). But a struggle for influence between the West – mainly France and the US – and the Syrian-Iranian camp remained. Several attacks on the French territory in the 1980s, as well as the assassination of the French Ambassador in Beirut in 1981 and
later the killing of French hostages were attributed to Damascus, Tehran and their local allies, such as Hezbollah.
  

dimanche 30 avril 2017

Sécurité : quels défis pour la France en 2017 ?

Illustration du dossier
Dossier du CERI - Politique étrangère de la France : quels défis pour le prochain président de la République ?

Les années 2015-2017 ont été pour la France des « années terribles » sur le plan de la sécurité. Sécurité intérieure d’abord, puisque le pays a été touché par de nombreux attentats en 2015 et 2016, de l’attaque contre Charlie Hebdo et de l’hypermarché cacher (7 et 9 janvier 2015) à l’assassinat du Père Jacques Hamel dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (26 juillet 2016), en passant par l’attentat contre le Bataclan et le Stade de France (13 novembre 2015) et celui de Nice (14 juillet 2016).
Sécurité européenne ensuite puisque plusieurs pays de l'Union ont été touchés par le terrorisme. L’environnement de cette dernière n’est plus aussi sûr qu’il l’était. Au Sud, les soulèvements arabes ont provoqué l’effondrement de plusieurs Etats (Libye, Syrie), une guerre civile internationalisée (Syrie), une forte instabilité (Tunisie, Egypte), de nouvelles vulnérabilités (Jordanie, Liban) et une dissémination des armes et de la violence du Moyen-Orient vers le Sahel. A l’Est, la résurgence des initiatives russes depuis la guerre en Géorgie (2008) à l’annexion de la Crimée et la déstabilisation de l’Est de l’Ukraine depuis 2014 et la nouvelle aventure de Vladimir Poutine en Syrie sont lourds de menaces.
Sécurité globale ou internationale enfin. En Asie, on assiste à la montée en puissance de la Chine et les interrogations qu’elle suscite, notamment pour la liberté de circulation maritime dans la très stratégique mer de Chine du Sud. De l’autre côté de l’Atlantique, le nouveau locataire de la Maison Blanche est insaisissable, il tance ses alliés, doute de la pertinence de l’OTAN, multiplie provocations et approximations et divise l’Amérique qu’il voudrait entourer de murs. Enfin, la pauvreté reste importante à travers le monde et source de nombreux conflits, de nombreux Etats se sont effondrés, la cyber-menace s’accroît sans cesse, la criminalité internationale et la fragilité des biens communs, à commencer par l'environnement en période de réchauffement climatique, sont plus importantes que jamais.
Nous pourrions en rester à cette typologie classique des défis à la sécurité de la France. Parce que consacrée, elle est finalement familière en dépit de ses nuances sombres. Mais les défis s’interprètent également à la lumière de ceux qui en ont la charge. Nous assistons à une triple crise qui devrait interpeller la prochaine équipe dirigeante de notre pays. La première relève de la décomposition des cercles d’appartenance traditionnels de la France : le cercle européen, le cercle atlantique et celui dit de la francophonie. La deuxième crise découle de la menace qui pèse sur notre instrument diplomatique et militaire qui a urgemment besoin d’être modernisé. La troisième crise et dernière est celle qui pourrait résulter d’un aveuglement intellectuel qui pourrait entraîner d’« étranges défaites » si les approches stratégiques ne sont pas diversifiées.
LA CRISE DES CERCLES D'APPARTENANCE
La France est un membre influent de l'Union européenne, de l’Alliance atlantique et une puissance globale disposant de relais d’influence, essentiellement en Méditerranée et en Afrique, territoires avec lesquels elle partage une histoire commune. L'Union européenne est aujourd’hui en crise. Crise institutionnelle marquée par des blocages décisionnels ; politique renforcée depuis le Brexit; économique depuis la crise financière qui a commencé en 2008 ; sécuritaire depuis les attaques terroristes qui ont mis à jour les dysfonctionnements et l’absence de coordination entre les Etats membres et depuis les menées russes en Ukraine devant lesquelles les Vingt-huit se sont retrouvés impuissants et enfin crise morale à l’heure où des milliers de personnes trouvent la mort en tentant de rejoindre l’Union ou sont accueillies par des barbelés.

Le cercle d’appartenance atlantique, que la France a choisi de rejoindre en 1949, est lui aussi en difficulté. Il a souffert de la distance d’un Barack Obama, davantage attiré par les défis du Pacifique et qui a pu laisser certains de ses alliés douter de sa détermination à les protéger en cas de crise grave. L’OTAN souffre aujourd’hui des gestes incohérents et des signaux contradictoires envoyés par Donald Trump. L’Amérique met en danger ce qu’elle a elle-même construit à l’heure où la menace russe ressurgit et où le peer competitor chinois s’affirme. Par ailleurs, le pays de la deuxième armée de l’Alliance atlantique, par ailleurs candidate (de moins en moins au fil du temps) à l'Union européenne – il s’agit bien sûr de la Turquie – retrouve des réflexes autoritaires.

Enfin, le cercle de la francophonie a connu de grands bouleversements : les printemps arabes et le développement de nouveaux conflits au Moyen-Orient. Le Maghreb reste fragile et l’Afrique francophone n’est plus celle de Jacques Foccart (ce qui n’est pas forcément à regretter). Elle est complexe comme l’ont montré, entre autres, les épisodes ivoiriens des années 2000 (au moment de l’opération Licorne, et notamment des affrontements entre troupes françaises et foule ivoirienne en 2004), départs massifs de la communauté française installée dans le pays) et s’ouvre désormais à la concurrence, notamment chinoise.

Comment reconstruire ces cercles d’appartenance censés protéger les citoyens des aléas les plus violents de la mondialisation et qui ont mobilisé tant d’énergie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Nous sommes à la fin d’un cycle. La France doit réinventer ses cadres de sécurité. A-t-elle une idée de ce qu’elle veut faire ? Avec quels partenaires souhaite t-elle en priorité ? Et avec quels moyens ?
QUEL INSTRUMENT ET QUELS MOYENS ?

Lire la suite dans le dossier du CERI

jeudi 10 novembre 2016

How the U.S. presidential results are being seen around the globe


Article paru dans The Conversation

Learning to work with Trump, despite everything

Frédéric Charillon, Université Clermont Auvergne, France
Unless the new president makes substantial changes to the positions he’s already taken, three developments are very likely:
  • We are at the dawn of a new wave of anti-Americanism around the world, from which the United States will not be able to recover quickly. The image of the America portrayed in the speeches that Trump has given will not be easy to repair.
  • More than ever, U.S. foreign policy will be a series of extreme shifts and oppositions – other political forces or bureaucracies in the U.S. will no doubt oppose certain positions Trump may take. A measure of paralysis is to be feared.
  • European allies, whatever they may say, will have to learn to work with Trump. He will seek to be charming, and – over time – could attract some to his anti-interventionist rhetoric. However, a number of countries will be constrained by segments of their populations completely opposed to any display of cordiality with Trump, who for them embodies absolute evil. It will still be necessary to deal with him, but one good aspect is that he probably has no ideology, making him more pragmatic.
The real question, however, is what leeway Trump will have in an America beset by doubt, divisions and political paralysis. Does he even want to reconcile with the world the part of the United States that didn’t flinch when he suggested building a wall on the Mexican border or banning all Muslims from entering U.S. territory? If he doesn’t, the relationship between the United States and the international community could enter a particularly difficult phase.

Supporters of Donald Trump react as a state is called in his favor, as students watch the live results of the U.S. presidential election, at the University of Sydney in Australia. Jason Reed/Reuters